Notre regard est figé
par Sunshine, 6 réactions
Publication 1 an mardi 11 septembre 2007 à 02:59
Rubrique Et si...
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Mots-clés humeur, intolérance, malheur, pensée
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Bonsoir, nous sommes aujourd’hui le mardi onze septembre 2007, soit exactement six ans après les attentats qui frappèrent la ville de New York et à l’issu desquels plus de trois milles vies furent ôtées.
Je me souviens parfaitement des circonstances de ces événements pour moi. Je rentrais de l’école, maman était venue me chercher comme elle le faisait si souvent. Elle était en larme. Ses mots ne furent pas équivoques : l’amérique est détruite. Immédiatement, je ne compris pas. Très vite elle m’expliqua que deux boings s’étaient encastrés dans les tours jumelles du World Trade Center quelques minutes plus tôt. Alors je n’osais imaginé ce que j’allais voir à la télévision… Des images d’horreur, l’horreur venue des plus profondes convictions de fanatiques religieux. Cette horreur qui tue, ce fanatisme qui annihile. Au-delà de l’électrochoc causé par la vision répétée des boules de feus qui frappaient Manhattan, je pensais aux personnes qui étaient dans les tours. Chacune a été assassinée. Certaines, aux étages contigus au choc des avions, n’ont pas eu le temps de souffrir. Elles sont mortes sur le coup, sans nul doute. D’autres personnes étaient alors prisonnières, devant nous, devant le monde entier, figé devant son poste. Les caméras du monde entier étaient alors rassemblées, pour immortaliser ce qui a été le plus gros assassinat perpétré en direct, live. Et personne n’a rien pu faire pour éviter cela. Rien n’a été fait pour empêcher cela d’arriver. C’est arrivé, ce fut affreux, et ce fut alors la guerre ouverte qui débuta. Une guerre contre qui ? D’un côté, un pouvoir qui se positionne en victime aux yeux du monde, de l’autre, les agresseurs, ceux qu’il faut éliminer des yeux du monde. Mais dans cette histoire, les rôles n’ont pas été aussi simplement distribués qu’ils semblent apparaître aujourd’hui. Dans cette histoire, ces victimes ont été agresseurs et leurs agresseurs ont été agressés. Pire, ces victimes ont façonnés leurs propres agresseurs. Peut-être étaient-ils trop forts aux yeux du monde qu’il leur a fallu un ennemi, un contre qui s’opposer, une lutte d’un Bien contre un Mal entièrement fabriqué.
Et si les hommes étaient là uniquement pour s’entretuer ? Pour l’instant, on ne peut pas nier que cette idée n’a jamais germé dans nos têtes. On a pu voir à d’innombrables reprises que cette hypothèse est censée, mieux, qu’elle peut être vérifiée.
Pourtant, je suis là, chez moi, devant mon ordinateur à écrire ces mots. Alors même qu’à l’autre bout du monde, certains arrachent la vie à d’autres, dans la plus parfaite impunité. Ils tuent sans scrupule. Quand bien même ils auraient des scrupules, leur acte même de tuer annulerait tout de leur humanité. On tue et je suis étranger de cela, moi ainsi que mon entourage, proche ou très éloigné. La bulle dans laquelle nous vivons nous place à l’opposé de l’horreur qui fait le quotidien de millions de gens. Mais ces personnes ont vu le jour pour la première fois avec toute l’innocence qui caractérise le nouveau né. Elles n’ont rien demandé, à personne, et pourtant, elles meurent. Et si chacun se bougeait pour son homologue de l’autre bout du monde qui n’a pas sa chance ? Vivrait-on mieux ? Je m’attache à y croire. En tout cas, j’essaierai d’appliquer cela. C’est peut-être con à dire mais c’est aussi pour ça que j’ai choisis de devenir médecin.
Putain quelle sinistre monde inique où nos yeux restent trop longtemps fermés.



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