Beauty
par Sunshine, 9 réactions
En période de révisions, de travail, de lecture, d'entrainement, d'apprentissage et tous les mots du champ lexical de l'emmerdement, il arrive que l'œil dévie et sort un peu prendre l'air, hors de ses œillères.
Je recommence. Cette phrase est trop longue et pédante. Faut alléger le style, d'abord pour être plus rapidement compris mais surtout pour ne pas fatiguer l'œil qui lit. Quel con, mais oui ! L'œil se fatigue s'il doit lire des phrases trop longues et dont il veut voir la fin si tant est qu'une fin ait été écrite par l'auteur quelques mots plus loin, plus loin, trop loin, point — ouf —.
Tout ce charabia insensé pour dire quoi ? Ah oui, je parlais de l'œil. Pour ma part, mon truc, c'est pas la fatigue de l'œil. Non, c'est plus une sensation de légèreté mentale qu'il crée. Comme un flottement.
Cet errement intellectuel, je le dois à la beauté. Cette beauté que l'on retrouve dans tout et rien. Celle qui se voit. Cette chose qui attrape l'œil sans le toucher et qui emmène aussi loin que l'esprit veut bien se laisser porter. On peut la voir dans un paysage, où l'horizon bien que très largement étendu arrive à saisir le regard, se flattant d'avoir devant lui des yeux ébahis (trop long). Pour ma part, je ne regarde pas, je contemple. Et je la contemple surtout lorsqu'elle est incarnée. Quand elle a des yeux, un nez, une bouche. Quand ces-derniers trouvent leur place plus harmonieusement encore que le cerveau peut concevoir. Lorsqu'elle s'abandonne à quelqu'un, se donnant une apparence charnelle sans limite mais dont les traits sont des plus parfaits.
J'aime la beauté. Et j'aime la regarder. Et elle fait lover mon esprit.

C'est insupportable de commencer la semaine à la va-vite et déjà ensommeillé. De toute façon c'est dans la tête que j'ai sommeil là. Je fais des exercices de biophysique et mes yeux me piquent. Pour autant je n'ai pas encore terminé, alors le lit attendra. Deux minutes avant que je ne décide d'écrire ce billet, je voyais sur un forum que certains défendent l'idée que la vie est injuste, prétextant je ne sais quoi. Je me dis que, venant d'étudiants en médecine, qui ne connaissons finalement pas grands choses de la vie, c'est un peu pousser. J'ai ce fâcheux défaut consistant à ne pas créditer les plaintes d'autrui. Est-ce de l'intolérance ? Dès que quelqu'un se plaint dans mon entourage, je ne peux m'empêcher de penser que nous avons de la chance, que nous sommes des privilégiés sur cette planète, sur ce coin du monde. Sur cette planète déjà. Parce que justement, je pense toujours que nous, jeunesse France, ne devrions jamais nous plaindre. Ce sont les gens qui souffrent vraiment à qui l'on doit laisser le peu de silence pour leur permettre de crier leurs maux. J'ai ce fâcheux défaut... Est-ce que je ne reconnais pas le malheur des autres n'ayant pas encore connu, moi-même, de malheurs ? Relativiser. J'ai ce mot qui structure ma pensée. Il faut pouvoir mobiliser son esprit pour des choses positives. Pour autant ne pas fermer les yeux sur le monde, simplement penser qu'on peut rendre ce monde meilleur qu'il n'est, avec ces petits riens de tous les jours.
Peut-être aussi que si je ne fais rien, c'est parce que c'est mieux comme ça pour moi ? Mais je ne veux pas me l'avouer. Je pense tout le temps à cela et je fais tout pour ne pas l'affronter. Je suis dans une impasse. Et pour le moment j'attends, c'est la position la plus facile, la moins courageuse...



